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Free Clinic NEWS N°8 - Mai 2018

Dernière modification : 9 mai 2018

Santé et Solidarité

Depuis 2015 la cellule santé communautaire de la FREE CLINIC organise en collaboration avec les différents services des rencontres en solidarité à la Journée Mondiale des Réfugié(e)s.

En 2017, nous diffusions la campagne d’Amnesty International "je suis Humain" 10 préjugés sur la migration : arrêtons de croire n’importe quoi ! et quelques affiches de la campagne du CIRE sur les préjugés envers les réfugiés.
Et nous organisions une table ronde de partage ouverte aussi bien aux travailleurs qu’aux usagers avec différentes personnes qui travaillent auprès et avec des personnes réfugiées, exilées (Ulysse asbl, Ciré, une sage femme ONE, des écrivains publics...).

Lors de cette rencontre il a été plusieurs fois soulevé les manques pour l’accompagnements des femmes exilées surtout quand elles sont seules avec leurs enfants.

C’est dans cette dynamique avec un désir de faire lien et de prendre soin des besoins manifestés l’an passé que nous décidons cette année de centrer nos rencontres Santé et Solidarité en faveur des femmes seules avec enfants en portant une attention particulière aux femmes exilées/réfugiées.

Les femmes et les enfants d’abord !

Isabelle Lafarge

Les femmes et les enfants d’abord ! C’est, parait-il, ce que l’on proclame lors d’un naufrage. Mais dans la vraie histoire de la marine, les exemples où le nombre de femmes et d’enfants rescapés dépassent celui des hommes sont rares. Sur 18 navires coulés entre 1852 et 2011, 37,4% des hommes naufragés ont survécu contre 26,7% pour les femmes et 15,3% d’enfants. En revanche, 61,1% de l’équipage et 43,8% des capitaines ont été sauvés. (1)
Quand le bateau coule, c’est majoritairement les femmes et les enfants qui sombrent avec l’embarcation. En voici deux illustrations.

Lors des divorces et des séparations, les femmes rencontrent le plus de difficultés à la fois matérielles et psychologiques. Imaginez : il y a en Belgique plus de 465.000 familles monoparentales. Le taux de risque de pauvreté est de 35,5 % pour les familles monoparentales, contre 15 % au sein de la population globale. Or, 83 % des chefs de famille monoparentale sont des femmes. (2)
Psychologiquement, les mères en solo ont aussi plus de difficultés à garder la tête hors de l’eau. Qu’elles aient choisi ou pas d’élever seule leur(s) enfant(s), il leur revient le plus souvent la mission de contenir au quotidien les impacts de cette configuration sur la santé psychique de leurs enfants. Fragilisées elles-mêmes par ce qui est souvent vécu comme un échec, elles ne trouvent pas toujours les ressources pour faire face aux différentes étapes de développement de leurs enfants. Les moments d’autonomisation, comme la « crise des deux ans » ou la puberté, peuvent par exemple réveiller en elles un sentiment d’abandon. Tout occupées à écoper le bateau familial, les mères seules ont également plus de difficultés à reconstruire leur vie affective. Un tiers d’entre elles finissent même par se passer de vie amoureuse.
L’enjeu de la mère en solo dans nos pays en paix est celui de l’indépendance financière et affective. Mais qu’en est-il de nos sœurs migrantes ?
Pour elles, le naufrage n’est plus une métaphore, mais une crue réalité : plus de 3.100 migrants venus de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak ont trouvé la mort en Méditerranée en 2017. Aujourd’hui, près de la moitié des migrants en Europe sont des femmes. Selon les rapports des Nations Unies, 60 % des décès maternels évitables ont lieu dans le cadre d’aides humanitaires et on estime qu’au moins une réfugiée ou femme déplacée sur cinq a déjà été victime de violence sexuelle. (3) Pour fuir la guerre, ces femmes entreprennent la traversée risquée en Méditerranée. Arrivées depuis la Grèce et la Turquie, elles traversent les Balkans pour voyager jusqu’en Allemagne ou en Norvège. Ce voyage est un calvaire durant lequel elles subissent des maltraitances et des violences sexuelles à chaque étape. De la part des passeurs, mais aussi dans les camps de transit et parfois même par des agents de sécurité. Malgré le rapport d’Amnesty International qui a réclamé un corridor humanitaire, rien ne semble changer pour les migrantes. Par honte, pudeur ou pour ne pas perturber le voyage, ces femmes n’osent pas se plaindre. (4)
L’enjeu de mères seules en exil est la survie et la quête de la sécurité et d’une vie meilleure pour leurs enfants.
Il faut une période de prospérité suffisamment longue pour que l’humanité prenne soin des plus vulnérables d’entre elle. Ça s’appelle la civilisation , ou encore la culture. Dès que viennent de graves perturbations comme le déclin économique ou une guerre, un seul mot d’ordre : « Sauve qui peut ! » Et qui peut est toujours le plus fort.

(1) http://www.atlantico.fr/decryptage/femmes-et-enfants-abord-sauf-que-150-naufrages-enseignent-que-ceux-qui-survivent-plus-sont-1940463.html#allocZzEBPs05Oua.99
(2) Source : Banque Carrefour de la Sécurité sociale (BCSS) et Bureau fédéral du Plan
(3) http://www.unwomen.org/fr/news/in-focus/women-refugees-and-migrants
(4) https://www.touteleurope.eu/actualite/femmes-refugiees-en-europe-une-vulnerabilite-exacerbee.html

Les RENCONTRES de la Free Clinic - Juin 2018

  • 20/06/2018 de 9h à 12h

Petit Déjeuner de Solidarité à la Journée Mondiale des Réfugi(é)es et aux femmes exilées seules avec leurs enfants.

Dans la Salle d’attente de la FREE CLINIC

  • 22/06/2018 de 10h12h

Groupe de partage, de rencontres pour les femmes seules avec enfants
Le détail de la programmation viendra ultérieurement
Salle Tao, 3ème étage de la FREE CLINIC
> Inscription à l’accueil ou par mail aude.delmas@freeclinic.be

Pour toute information complémentaire sur nos activités rendez-vous sur notre site www.freeclinic.be

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Tel : 02 512 13 14 - info@freeclinic.be

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